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Des jardins classés Monument Historique
Comme l’atteste un acte notarié daté de 1680, la famille de Séguiran (plus précisément, Henri et son fils Reynaud tous les deux Premier Président de la Cour des Comptes Aides et Finances de Provence) , seigneur de Bouc depuis le début du XVIème siècle, réalise ces magnifiques jardins à la Française. Profitant de l’unique source du lieu, ils allient l’utile à l’agréable, ils sont le potager et le fruitier de Bouc et les jardins d’apparat les jours de fête. C’est en 1673, grâce au mariage de Marc Antoine d’Albertas (capitaine de vaisseau) avec Madeleine de Séguiran (fille de Reynaud de Séguiran) que les jardins entrent en possession des Albertas.
Famille venant d’Italie de la région d’Alba (d’après Nostradamus), ils arrivent en Provence, dans la région d’Apt au milieu du XIVème siècle. Au XVème siècle, ils s’installent à Marseille où ils participent à l’essor formidable du commerce marseillais en Méditerranée. Comptant rapidement parmi les plus riches familles de négociants de la ville, elle compte plusieurs « consuls » qui administreront la cité phocéenne au cours des XVIème et XVIIème siècles. Puis la famille vient à Aix, au milieu du XVIIème, avec Marc Antoine. Se succèdent ensuite trois générations (Henri Reynaud, Jean-Baptiste et Jean-Baptiste Suzanne) au rang de Premier Président de la Cour des Comptes Aides et Finances de Provence qui furent de grand bâtisseur (hôtel et place d’Albertas à Aix, Parc de Saint Pons à Gémenos, travaux d’amélioration aux jardins d’Albertas…).
Aujourd’hui classés Monument Historique, les jardins de Bouc-Bel-Air, associent à la grande tradition des jardins italiens de la renaissance, l’esprit du jardin « à la française » et une adaptation aux contraintes du climat provençal. Grâce au respect de la famille d’Albertas, qui a su maintenir vivant un jardin qui lui appartient toujours, le dessin des jardins est resté intact. Centré sur le château absent, le jardin est organisé comme un théâtre avec des promenades latérales encadrant une succession de terrasses : la terrasse des bosquets, celle du parterre de broderies, celle enfin du potager. On accède à cette partie du jardin en suivant les allées de marronniers qui conduisent au grand canal, à la grotte puis au bassin des dix-sept jets, l’un des chef-d’œuvres de l’art des fontaines en France. |